Eradiquer l’horrible séneçon, une solution maison qui fonctionne

by Alain Waser on 2 octobre 2017 3 comments

Article original : http://e-venting.co.uk/2017/06/eradicating-the-evilragwort-a-homemade-solution-that-works/

j’ai volontairement repris le discours au 2ème degré et le ton sarcastique, particulièrement propre aux britanniques, de l’auteur. Le séneçon est une plante peu souhaitable dans le foin, ou dans les pâtures des chevaux, mais qui a sa place dans l’écosystème. Le séneçon de Jacob (Jacobaea vulgaris) est notamment l’unique plante sur laquelle pond Tyria jacobae (également appelé Ecaille du Séneçon ou goutte de sang), un très joli papillon. Ce n’est pas une plante indésirable, tant qu’elle reste sous contrôle.

Cet article propose une méthode pour lutter de manière sélective contre les pieds de séneçons qui dérangent. Toutefois, j’invite également le lecteur à être conscient que ce n’est pas en luttant contre les plantes unes par unes que l’on régule la prolifération du séneçon dans une prairie. Lutter de manière efficace contre les plantes en place les empêchera de produire de nouvelles graines (et potentiellement d’en retrouver dans la bouche des chevaux), mais n’empêchera pas les graines déjà présentes dans le sol de se développer. Tant que le sol reste dans les mêmes conditions, le séneçon reviendra.

La recette inclut du produit vaisselle, du sel et du vinaigre. Bien que j’aie été sceptique à la première lecture, le traitement est vraiment ciblé et les quantités infimes, je pense qu’il n’y a pas de risque de pollution environnemental avec ce produit.

Si quelqu’un a déjà essayé ce type de recette, je serai ravi d’avoir un retour de votre part.

Quiconque avec du terrain et des chevaux est probablement trop familier avec cette horrible plante qu’est le séneçon. Un bout de terrain nu, et ces quelques graines –qui dormaient paisiblement– se disent : « Ah, voilà une opportunité ! » et se mettent à pousser. Bien que nous sachions tous que les chevaux (à moins qu’ils ne soient littéralement morts de faim) ne vont normalement pas manger les séneçons frais en croissance, cela reste une source d’inquiétude. Il vaut mieux les couper aussi vite que possible avant qu’ils ne produisent des graines ou qu’ils ne deviennent appétants, une fois secs, et empoisonnent nos chevaux qui ne se méfient plus.

J’ai essayé de couper chaque tige de ce truc au niveau du sol, en vain… J’ai essayé de les extraire avec un Rag-Fork (ndlt: petite fourche à 3 dents commercialisées en Grande-Bretagne pour arracher les séneçons. Cette fourche à 3 dents est assez semblable à la fourche à Rumex, qui ne comporte que 2 dents, que l’on retrouve en France. Un outil simple pour extraire le Rumex et une grande partie de sa racine.), mais tant qu’il reste un infime morceau du réseau tentaculaire de racines, la plante va revenir à la vie, cette saison, l’année prochaine ou encore la suivante…

Bien sûr je brûle toujours les séneçons que je coupe/arrache, mais quand je les vois revenir j’ai l’impression que tout ce travail est un labeur infructueux et exaspérant. La racine DOIT mourrir.

Je fais de mon mieux pour ne pas utiliser d’herbicide dans mes prairies. Je ne veux pas de Roundup ou d’autres produits similaires près de moi ou de mes animaux, ou auprès des autres petites bêtes qui vivent par ici, comme les abeilles, ou encore les nombreux lièvres, blaireaux, chauve-souris, hirondelles, rapaces et tous les autres (n.d.l.t. on dirait chez moi). J’aime penser que ici c’est une sorte de petite réserve naturelle pour toutes les espèces, aucun truc mauvais n’y est admis.

J’ai essayé de gagner la guerre contre les séneçons avec une multitude de recettes maison depuis des années : du sel tout seul (une généreuse cuillère à la base de la plante coupée) ça ne marche pas. Le vinaigre ne fonctionne pas non plus. J’ai même oublié toutes les autres choses que j’ai testées tellement j’ai fait d’essais… Rien ne fonctionne. Le Créosote fonctionne, mais c’est un autre horrible produit chimique que je ne préfère pas utiliser dans les prés.

La concoction que je vais vous présenter ci-dessous fonctionne par contre. Pas de nouvelle croissance – j’ai pris ces photos quand les premières rosettes apparaissaient et aucun signe de réémergence sous aucune forme.

Cette photo (prise à l’exact emplacement où la précédente photo a été prise) le prouve. Je n’ai pas retiré les racines, l’entièreté de la plante a disparu après que j’ai ramassé le sommet mou et brunâtre. Je suis très contente. La seconde photo a été prise quelques mois après la première et unique application.

La recette est la suivante (les quantités n’ont pas besoin d’être précises, soyeux généreux) :

  • Dans une bouteille vide de 2l ou 5l
  • Déposer au fond environ 5cm de sel de table
  • Remplir ensuite jusqu’au ¾ avec du vinaigre de cidre (le moins cher possible, on l’achète en vrac) (n.d.l.t. préférez le vinaigre de cidre bio pour éviter d’ajouter des pesticides dans votre prairie)
  • Remettre le bouchon et secouer énergiquement jusqu’à ce que le sel soit complément dissout.
  • À ce moment-là (mais pas avant parce si vous l’ajoutez avant de dissoudre le sel, il ne va pas se dissoudre, il n’y aura que des bulles, une vraie catastrophe… merci d’apprendre de mes erreurs), compléter avec du liquide vaisselle vert. Ça n’a peut-être pas besoin d’être vert, peut-être que citron ou fruits de la forêt ou n’importe quoi fonctionne, mais je rapporte ce qui a fonctionné pour moi (n.d.l.t. à nouveau choisissez de préférence du liquide vaisselle bio).
  • Secouer légèrement avant usage. Vous allez obtenir un mélange brun-vert qui doit avoir un goût absolument dégoutant (ainsi je ne me fais pas de soucis pour l’utiliser dans les prairies où il y a des chevaux. Si vous voulez vraiment savoir, essayez de goûter –je doute que vous le fassiez deux fois– mais ça ne va pas vous empoisonner).

Si aucune pluie n’est annoncée (n.d.l.t. oui l’auteur est anglais) (il faut quand même laisser quelques heures pour que la plante soit imbibée avant d’être rincée) partez à la chasse aux séneçons ! Si la plante est au stade de rosette, versez l’équivalent d’une cuillère de liquide sur le séneçon. S’il est déjà en phase de croissance verticale, coupez la tige au pied pour que la plante redevienne rosette (pensez à collecter soigneusement toute les parties coupées et brûlez-les) puis aspergez le centre de la rosette d’une giclée du notre visqueux et verdâtre mélange.

Après 4 à 7 jours, je retourne sur les lieux avec de solides gants en caoutchouc et j’arrache le reste de la plante, qui devrait être brunâtre maintenant. Ce n’est sûrement pas nécessaire, mais pour être honnête, je ne veux pas prendre le risque que cela sèche et puisse éventuellement devenir appétant (bien que cela soit très peu  probable).

J’espère que cela pourra aider celles et ceux qui n’ont pas envie d’utiliser des herbicides commerciaux et qui mènent leurs guerres personnelles contre le séneçon.
(Le prochain indésirable sur ma liste est le Rumex. Une application de ce produit n’a pas permis de le tuer complètement (mais ça l’a sérieusement amoché), je vais essayer de continuer l’expérience. Quelqu’un m’a suggéré d’ajouter de l’huile de piment à ma vile mixture. Affaire à suivre)

Alain WaserEradiquer l’horrible séneçon, une solution maison qui fonctionne

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3 comments

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  • Sylvie Moine Munier - 7 octobre 2017 reply

    Merci pour cette info, j’essaierai l’année prochaine…

  • Michèle borg - 16 juillet 2018 reply

    Bonjour pour la recette du vinaigre Blanc marche aussi

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    Alain Waser - 29 juillet 2018 reply

    Bonjour,
    Vous appliquez le vinaigre blanc pur directement sur la plante ?

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