Arbres fourragers

by Marie-Laure Guénot on 12 mai 2017 No comments

Les arbres fourragers, ce sont des arbres dont on peut distribuer les branches, les feuilles et parfois les fruits aux chevaux ; ils y trouveront de nombreux bénéfices.

Comment les préparer

On peut couper des branches pendant qu’elles sont en feuilles, en fin de saison pour ne pas risquer de blesser l’arbre (vers août, septembre, octobre selon les espèces et les régions). On les rassemble en fagots, que l’on pourra soit distribuer immédiatement, soit faire sécher en les suspendant à l’abri pour les distribuer plus tard : ils conserveront plus de nutriments que le foin, séché au soleil.

Quelles espèces utiliser

Parmi les espèces connues utilisées comme fourrage ligneux, on trouve (la liste n’est pas exhaustive) :

  • l’Ajonc d’Europe (Ulex Europaeus) : utilisé broyé avant la formation des graines, qui sont toxiques.
  • l’Alisier blanc (Sorbus aria) et l’Alisier torminal (S. torminalis)
  • l’Argousier (Hippophae rhamnoides) : les fruits de l’argousier sont riches en vitamine C (15 fois plus qu’un citron), astringents et ont des propriétés vermifuges
  • l’Aubépine (Crataegus mongyna, C. laevigata) : tonicardiaque et antispasmodique
  • l’Aulne glutineux (Alnus glutinosa) :  l’écorce est fébrifuge et tonique, les feuilles sont diurétiques et ont des propriétés vermifuges ; attention à la présence de tanins toutefois
  • le Bouleau (Betulus alba)
  • le Charme (Carpinus betulus) et bien entendu, les « charmilles » également
  • le Cornouiller mâle (Cornus mas) : à ne pas confondre avec le cornouiller sanguin (dont les fruits sont toxiques mais que les chevaux ne touchent pas sans raison a priori)
  • le Filaire à feuilles larges (Phillyrea latifolia) : c’est une espèce fourragère bien connue mais tous les chevaux n’en mangeront pas !
  • le Frêne (Fraxinus excelsior, F. angustifolia) : c’est le fourrage ligneux le plus répandu en France ; les folioles ont une action antiradicalaire, anti-inflammatoire, diurétique, hypotenseuse, hypoglycémiante
  • le Genêt des teinturiers (Genista tinctoria) : Utilisé comme fourrage d’appoint. À ne pas confondre avec le Genêt d’Espagne qui est par contre déconseillé (bien qu’il ait été utilisé comme fourrage d’appoint). Le genêt des teinturiers est antibactérien, diurétique et sudorifique
  • le Hêtre (Fagus sylvatica) : Attention à la fagine, substance légèrement toxique sur l’enveloppe des faines : veiller à distribuer sans fruits. L’écorce est astringente et fébrifuge
  • le Micocoulier (Celtis australis)
  • le Mûrier platane (Morus bombycis), le Mûrier blanc (M. alba)
  • le Noisetier / coudrier (Corylus avellana) : les feuilles sont anti-inflammatoires et anti-œdémateuses. Les noisettes auraient des propriétés ténifuges… mais il est déconseillé de les donner entières !
  • l’Orme champêtre (Ulmus minor, U. campestris) : l’écorce est stimulante, sudorifique, diurétique, résolutive, émolliente et astringente.
  • les Peupliers (Populus nigra, P. alba), le Tremble (P. tremula) : Il semblerait que le fourrage de peupliers pourrait contenir plus de protéines et de minéraux que le maïs ! L’écorce, riche en salicine, est fébrifuge et tonique.
  • le Poirier commun (Pyrus communis) : l’écorce est fébrifuge et astringente, les feuilles sont diurétiques et calmantes
  • le Pommier sauvage (Malus sylvestris) : l’écorce est fébrifuge, astringente et tonique, les feuilles sont diurétiques
  • les Saules (Salix sp.)  : l’écorce contient de la salicine, composant de l’aspirine
  • le Sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) : Les feuilles sont purgatives et pectorales
  • le Tilleul (Tillia cordata, T. platyphyllos) : certains recommandent de ne pas donner les fruits
  • Certains auront constaté que les chevaux ont souvent tendance à manger volontiers les feuilles de Platane commun (Platanus ×hispanica), pourtant l’espèce n’est pas indiquée parmi les fourrages ligneux
  • Certains textes parlent de conifères (Pin sylvestre et Pin maritime) distribués en fourrage ligneux.

Espèces à éviter

De très nombreuses espèces ont été utilisées comme fourrage d’appoint ; aujourd’hui, avec le recul fourni par le développement des connaissances, certaines espèces sont à déconseiller a priori. En outre, certains arbres sont toxiques pour les chevaux. Voici un liste de quelques espèces que nous ne recommandons pas de distribuer aux chevaux ; cette liste n’est évidemment pas exhaustive et il appartient dans tous les cas aux gestionnaires des chevaux de vérifier que l’alimentation qu’il distribue est sans danger.

  • les Châtaigniers (Castanea sativa) et les Chênes (Quercus sp.), parce qu’ils peuvent être fort chargés en tanins (pour les chênes, c’est spécialement le cas du Chêne pédonculé (Q. robur) et du Chêne sessile (Q. sessiliflora)).
  • les Érables (Acer sp.) : ils étaient recommandés anciennement comme fourrage, mais avec le développement de la myopathie atypique (qui peut apparaître suite à la consommation d’Érable sycomore (A. pseudoplatanus) ou d’Érable negundo (A. negundo)) on ne saurait aujourd’hui qu’en déconseiller vivement l’usage d’une manière générale. A priori les Érables champêtre (A. campestris) et de Montpellier (A. monspessulanum) ne contiendraient pas la toxine incriminée, mais dans le doute nous préférons ne pas en conseiller l’usage.
  • le Genêt d’Espagne (Spartium junceum) : on le récoltait avant la fructification pour le distribuer comme fourrage d’appoint. On trouve également des sources qui indiquent que les chevaux les mangent (dans des documents où il est question d’alternance des herbivores pour le maintien de l’ouverture des paysages) ; malgré tout, il s’agit d’une plante reconnue comme toxique actuellement.
  • le Laurier noble, ou laurier-sauce (Laurus nobilis) : il peut être à l’origine de réaction allergiques ; en outre, chez l’humain les feuilles ne doivent pas être consommées sous risque de perforation du tube digestif… donc à éviter par mesure de précaution. Toutes les autres espèces de laurier sont à éviter.
  • le Nerprun alaterne (Rhamnus alaternus) : les rameaux feuillus sont mangés par les chèvres, et on les distribuait aux lapins, mais a priori il s’agit d’une plante à éviter pour les chevaux.
  • le Noyer (Juglans regia) : plante fortement tannique.
  • le Robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia) : souvent référencé comme plante fourragère, encore aujourd’hui ! Il semblerait qu’il faille ne distribuer que les feuilles, sans fleurs, graines ni bois. Cela dit, considérant la toxicité de la plante, nous déconseillons fortement.
  • la Vigne (Vitis vinifera) : a priori utilisable mais dans une faible mesure considérant la grande concentration de tanins.

Références

Fiche réalisée par Terres et Chevaux, agro-écologie équine : http://www.terres-et-chevaux.fr.

Quelques références sur les arbres fourragers :

Livres

  • Jérôme Goust (2016), Arbres fourragers, de l’élevage paysan au respect de l’environnement, Terran (Escalquens)
  • Pierre Lieutaghi (2004), Le livre des arbres, arbustes et arbrisseaux, Actes sud (Arles)

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